L’innovation en formation - Swissmem Academy

L’innovation en formation

Auteur : Jorge Lopez, Formateur en entreprise Breveté

17.06.19

Est-il possible d’innover dans la formation ? L’innovation dans la formation apporte-t-elle autant d’efficience ? Et pourquoi et pour qui faut-il innover ?

Certains pensent que l’innovation constitue un changement de paradigme chez les enseignants ou formateurs. Il est techniquement possible d’être un concepteur, doté d’un réseau important et d’organiser des formations en piochant dans une base de données des intervenants selon les thèmes à traiter. Reste à savoir pour quel niveau de formation et pour quelle qualité d’acquisition de la compétence. D’autres sont d’avis que l’on peut tout dématérialiser, y compris l’application pour que des participants ou apprenants s’approprient des nouvelles compétences avérées. Quoi de plus facile que de s’inscrire sur une plateforme, de voir des vidéos, des documents ou des extraits d’ouvrages, et finalement, peut-on prétendre savoir faire ? KPMG a réalisé une étude sur les plateformes d’apprentissage, arguant les spéculateurs et investisseurs qui se manifestent  en Inde. Avec 32 millions d’utilisateurs, Byju’s est la plus grande plateforme d’apprentissage au monde, c’est juste 4 fois la population suisse bénéficiant d’outils d’apprentissage pour les 5-17 ans. Mais qu’en est-il pour un public de salariés ? Pourtant la bonne vieille méthode fait encore ses preuves, que ce soit dans la formation initiale (CFC) ou dans le perfectionnement professionnel. L’accompagnement par un coach permet de faire le lien entre la théorie et la mise en application. C’est ce qu’on fait à la Swissmem Academy en Romandie. Par ailleurs, la motivation (le SVP, savoir, vouloir et pouvoir) de celui qui apprend est aussi un facteur important dans l’appropriation de la matière. Revenons aux plateformes qui offrent des avantages significatifs. Elles permettent  d’éviter les déplacements, d’aménager les horaires d’études et réduit les infrastructures, ainsi que le professorat nécessaire à la scolarité. De plus, cela favorise la mutualisation des connaissances sur une large échelle territoriale, cela permet aussi au détenteur du site d’apprentissage d’avoir des centaines, voire des millions d’apprenants ou de connectés, et enfin, cela offre un taux de rendement important pour les actionnaires. Il apparait aussi bon nombre d’inconvénients pour ces plateformes. Nous pouvons citer la nécessité d’avoir une connexion internet et son compte et d’être familiarisé avec les outils informatiques.  Par ailleurs, il est nécessaire de mettre en place une infrastructure serveur et un réseau qui supportent un nombre considérable de connectés. Et enfin, les coûts de développement pour les thèmes intégrés et son ingénierie pédagogique sont considérables.  L’avenir confirmera la tendance entre l’efficience et le coût que ce soit dans les entreprises, les universités ou les institutions de formations supérieurs. Il n’y pas encore assez de recul pour déterminer si les outils « Learning » sont des solutions optimums tout aussi efficientes que les processus classiques dans le monde économique. C’est dans 15 ans que nous pourrons observer si la génération « baby-learning » sera d’une compétence équivalente ou meilleure que celle d’aujourd’hui. Cela ne voudrait-il pas dire aussi, que la clé sera la transmission par des professionnels formés et expérimentés ?